 |

QU'EST CE QUE L'EFFET PHOTOVOLTAIQUE ?
L'énergie solaire photovoltaïque (à distinguer de l'énergie solaire thermique) provient de la conversion de la lumière du soleil en électricité. Cette conversion se produit au sein de matériaux "semi-conducteurs", qui ont comme propriété de libérer leurs électrons sous l'influence d'une énergie extérieure. Dans le cas du photovoltaïque, cette énergie est apportée
par les photons, les composants de la lumière, qui heurtent
les électrons et les libèrent, induisant le courant électrique.
QU'EST CE QU'UNE CELLULE PHOTOVOLTAÏQUE ?
Les cellules photovoltaîques ont pour constituant de base les semi-conducteurs, dont le plus exploité est le silicium. Ce matériau est modifié par l'apport d'éléments extérieurs (en général des atomes de phosphore et de bore) pour le polariser et attirer les électrons dans un certains sens.
Orientés de la sorte par le matérieu "dopé", ils vont circuler et créer un courant électrique lui-même recueilli par des fils métalliques très fins. Les cellules sont assemblées en modules. Les modules vont de micro-puissances de moins de 2 Wc à des capacités unitaires de 150 Wc, voire 300Wc.
Un module photovoltaïque coûte actuellement 2 à 3 € par Watt crête
à fabriquer.
QUELS SONT LES DIFFERENTS TYPES DE CELLULES ?
Les cellules les plus répandues sont issues de lingots de silicium cristallin, découpés en fines tranches. Lorsqu'il est constitué d'un seul cristal, on parle d'un silicium monocristallin (aspect uniforme gris bleuté ou noir). Quand il est élaboré à partir de plusieurs cristaux polycristallin (généralement bleu, aspect d'une mosaïque). Moins répandues, les cellules "en
courches minces" sont fabriquées en déposant des couches
très fines (quelques microns) de semi-conducteurs ou de matériaux photosensibles sur des supports bon marché comme le verre, le métal ou le plastique. Les cellules que l'on trouve par exemple dans les calculatrices sont des cellules en couches minces.
QUE PEUT-ON ALIMENTER AVEC UN MODULE PHOTOVOLTAÏQUE
Les plus petits modules peuvent alimenter des montres, calculatrices, des téléphones portables, des Palm, des lecteurs -iPod, Mp3, Mp4, etc-, des caméscopes, des appareils photo, ou encore des parcmètres ou des bornes d'appel d'urgence sur autoroute.
Des systèmes plus puissants peuvent fournir l'électricité pour des sites isolés (bateaux, maisons, etc...) ou être reliés à un réseau de distribution électrique, intégrés dans un bâtiment ou non.
Pour chaque cas de figure, l'équipement
sera différent. Des applications "au fil du soleil"
(pompe à eau, ventilation) peuvent exploiter directement l'électricité produite en fonction du soleil. L'utilisation en site isolé demande par contre de pouvoir stocker le courant pour une utilisation la nuit ou par mauvais temps. Les modules produisent du courant continu, qu'il faut convertir en courant alternatif pour l'adapter à la plupart des appareils électriques.
COMBIEN COUTE UN SYSTEME PV ?
Il faut différencier les systèmes reliés au réseau et les systèmes autonomes installés en site isolé.
En France, pour une habitation en site isolé, la facture est de l'ordre de 20 à 30 €/Wc installé. Celle-ci inclut le prix des batteries, jusqu'à 15 % de l'investissement initial, et les coûts liés aux contraintes de sécurité. En métropole, le système pourra être financé en grande partie : par le Face (Fonds d'Amortissement des charges d'électrification) pour les zones
en régime rural ; par l'Ademe et les conseils régionaux en zone
sous régime urbain. Au final, le particulier aura à payer de 5 à 50 % du coût en zone urbaine et de 5 à 13 % en zone rurale hors réseau.
Relié au réseau, le coût se situe entre 5 et 9 €/Wc selon la taille du système (plus il est grand, moins le coût au Watt crête est élevé). Mais les subventions cumulées (Ademe, régions, Europe) peuvent prendre en charge jusqu'à 80 % du coût final.
Le niveau des subventions varie selon les régions. Pour une maison individuelle, la surface installée se situe généralement autour de 20 m2 de modules, soit une puissance de 2 kWc. En toiture, 20 m2 reviennent donc environ à 14 000 €. Dans une région où les aides sont favorables comme en Rhône-Alpes, 3 000 € resteront effectivement à la charge du particulier. Dans ce
coût, les panneaux représentent 60 % de l'investissement, l'onduleur
15 % et les éléments de montage et la pose 25 %.
COMMENT EST DECOMPTEE L'ELECTRICITE PRODUITE SUR LE RESEAU ?
Les premières installations reliées au réseau étaient tout simplement équipées d'un compteur unique, de type électromécanique, qui tournait à l'envers en mode de production, et donc retranchait des kilowattheures solaires produits. Mais à présent, la législation française exige la présence de deux compteurs distincts : l'un pour compter la consommation et l'autre pour
compter la production. Cette configuration est importante lorsque
le kWh solaire est vendu plus cher que n'est acheté le kWh "ordinaire" du réseau. Ainsi, en France, le kWh est acheté à EDF à 0,1058 € en heures pleines et 0,0645 € en heures creuses. Le kWh photovoltaïque est vendu 0,1375 € en 2004. Ce tarif d'achat préférentiel vise à soutenir le développement de cette source d'énergie. L'Allemagne qui a une politique plus dynamique sur les énergies renouvelables, achète le kWh entre 0,457 € et 0,624 € selon les installations.
COMBIEN D'ELECTRICITE FOURNIT UN SYSTEME RELIE AU RESEAU ?
Cela dépend d'abord de la technologie et de la surface que l'on choisit d'installer. Il faut aussi tenir compte de paramètres locaux : ensoleillement, orientation des panneaux. Un système de 1kWc (10 m2) produit environ 1000kWh par an. Les besoins électriques d'un foyer de 4 personnes représentent environ 2500 kWh par an (hors chauffage électrique et eau chaude sanitaire).
Un système de 25 m2 (2,5 kWh) peut donc produire l'équivalent
de cette consommation. Toutefois, si ce même foyer engage une démarche d'économie d'énergie (remplacement des ampoules par des lampes fluo-compactes, appareils de classe 1 et suppression des veilles inutiles, etc.), il pourra dégager un excédent et rentabiliser plus rapidement son installation photovoltaïque.
LE PHOTOVOLTAIQUE EST-IL RENTABLE ?
Dans le meilleur des cas, le retour sur investissement en France, est d'une dizaine d'années, grâce aux aides publiques. Si la rentabilité n'est pas aujourd'hui la raison qui pousse à choisir cette énergie, il faut cependant raisonner à long terme. Ceux paramètres sont à prendre en compte. D'une part, le coût du kWh. Pour un pays comme la France, où l'électricité est
bon marché, le retour financier est très long. Un pays comme le Japon
où elle coûte le double peut y trouver un intérêt. Mais au vu des enjeux environnementaux, le prix de l'électricité "ordinaire" continuera d 'augmenter. D'autre part, le coût des panneaux a diminué de 5 % par an depuis 20 ans. Les recherches actuelles ont pour principal enjeu de faire baisser les coûts de façon plus nette. C'est pourquoi, les deux courbes, augmentation d'un côté et baisse de l'autre, devraient se rejoindre dans quelques années pour faire du photovoltaïque une énergie plus accessible.
Cela dit, l'installation de panneaux a bel et bien un sens économique hors réseau. A partir d'un éloignement de 2 à 3 km d'un réseau, le solaire se révèle moins couteux qu'une extension de lignes.
QUEL EST L'IMPACT ENVIRONNEMENTAL DU PHOTOVOLTAÏQUE ?
Selon les spécialistes, une cellule solaire rembourse en 4 à 5 ans l'énergie qui a été nécessaire à sa fabrication, cadre, câble et supports compris. Et comme elle fonctionne au moins pendant 30 ans, elle la rembourse même plus de 7 fois. En phase d'utilisation, les modules ne génèrent aucun impact négatif sur l'environnement. En fin de vie, la plupart des composants
(verre, aluminium, silicium, métal) peuvent être recyclés. En outre,
l'économie moyenne de CO2, est estimée à 0,6 kg par kWh solaire produit par rapport à une énergie fossile.
QUELS PAYS FABRIQUENT LES MODULES PHOTOVOLTAÏQUES ?
La fabrication de cellules solaires se situe essentiellement dans trois zones très industrialisées : le Japon, l'Europe et les Etats-Unis. Cette industrie s'est en effet developpée à l'ombre de la micro-électronique dont elle exploite les déchets de silicium. Le Japon, qui soutient très fortement cette industrie, est aujourd'hui premier producteur et premier consommateur
de photovoltaïque. Derrière lui arrive l'Europe, principalement
tirée par l'Allemagne, l'Espagne et les Pays Bas. La France, pionnière dans ce secteur, compte encore une industrie conséquente. Mais avec dix fois moins de systèmes installés qu'en Allemagne, elle n'a pas de marché domestique assez dynamique pour susciter de gros investissements.
QUELLE PART PEUT PRENDRE LA PRODUCTION D'ELECTRICITE SOLAIRE ?
Aujourd'hui, la part du photovoltaïque dans la production totale d'électricité est anecdotique. Malgré des taux de croissance de l'ordre de 30 % depuis quelques années, elle ne représente moins de 0,1 % de la production d'électricité en Allemagne ou au Japon. Lui donner une part significative dans la production d'électricité exige un soutien politique important pendant
encore quelques années. A cette condition, les projections les
plus optimistes (Epia, Greenpeace) estiment que le photovoltaïque est en mesure de fournir 20 à 35 % de l'électricité d'un pays comme la France à horizon 2050. Pour cela, il "suffirait" d'installer 10 m2 par habitant, soit 40 % de la surface disponible en toiture. Au niveau mondial, ces projections tablent qu'en 2040 l'énergie photovoltaïque pourrait couvrir 26 % de la demande d'électricité.
INFO : Le watt-crête (Wc) mesure la puissance théorique maximale qu'un module ou qu'une installation peut produire dans des conditions standard d'ensoleillement.

|
 |